Les jeux vidéos au cinéma

Décors fantasmagoriques, héros indestructibles, ennemis implacables : l’univers des jeux vidéo ne pouvait pas laisser le cinéma longtemps indifférent.

Des débuts hésitants...

Si le mythique jeu d’arcade Pacman avait déjà fait l’objet d’une adaptation en dessin animé dans les années 80, les vrais débuts des jeux vidéo au cinéma datent des années 90. Premier à essuyer les plâtres en 1993, Super Mario Bros reprend l’univers de l’ultra populaire jeu Nintendo. Malgré la présence au générique de grands noms d’Hollywood tels que Dennis Hopper ou Bob Hoskins, le film est un échec. Même chose pour Double dragon la même année, Street fighter en 1994 ou Wing commander en 1999. Seul Mortal kombat de Paul Anderson, dans lequel Christophe Lambert campe l’électrique Rayden, perce un tant soit peu au box-office en 1995. Le constat est souvent le même : les adaptations de jeux vidéo manquent singulièrement de créativité, se contentant d’aligner combats et scènes d’action.

Une nouvelle percée...

L’accueil plus que mitigé réservé aux films inspirés de jeux sur ordinateur ne décourage cependant pas longtemps les producteurs. Coïncidence ou non, de très nombreux projets sont lancés dès le début du nouveau millénaire. Mais cette fois, plus question de budgets et de scénarios limités. Les studios décident donc de sortir la grosse artillerie avec Lara Croft : Tomb Raider, Final fantasy ou encore le très gore Resident evil de Paul Anderson. Et ce n’est pas fini, car sont d’ores et déjà annoncées les adaptations de Duke Nukem, Soul Calibur ou encore American McGee’s Alice. Le mouvement semble donc s’amplifier, comme le prouve le récent accord intervenu entre la puissante société de production américaine Dimension Films et le créateur de jeu vidéo American McGee en vue de porter des jeux tels que Doom ou Quake sur grand écran.

 La stratégie marketing

Si les jeux vidéo semblent inspirer les scénaristes du monde entier, les films influencent également largement les créateurs de jeux vidéo. La règle est désormais établie : la grande majorité des films poursuivent leur carrière au bout d’un joystick. Marketing oblige, tous les grands films hollywoodiens possèdent désormais leur pendant sur ordinateur, le jeu accompagnant régulièrement la sortie du film.

 Convergence de deux supports

Que des films soient adaptés en jeux vidéo ou que des jeux vidéo soient revisités par le cinéma, les deux supports ont cohabité pendant des années, sans jamais vraiment aboutir à une réelle cohésion. Chaque produit possédait son univers, ses références, indépendamment de son alter ego cinématographique ou numérique.

De la convergence...

Dès 1982, Steven Lisberger donnait pourtant le ton avec Tron. Le film y infiltrait les composants informatiques et l’ordinateur en tant que décor faisait son entrée au cinéma. Quelques années et quelques tentatives d’adaptation de jeux vidéo plus tard, les grands écrans sont envahis par l’univers de l’ordinateur. Ainsi en 1995, Strange days dépeignait un monde dans lequel chaque individu pouvait ressentir les émotions d’autrui, grâce à un lecteur de CD-ROM directement relié au cerveau. En 1999, avec eXistenZ, David Cronenberg poussait le concept encore plus loin, transformant l’homme lui-même en console de jeux. Le septième art utilise de plus en plus l’esthétique issue des jeux vidéo. L’exemple le plus significatif est peut-être le film Matrix des frères Wachowski. On se souvient surtout des fameuses scènes de combats rappelant des jeux tels que Soul Blade ou Tekken, notamment grâce au procédé de bullet time : en pleine action le temps suspend soudainement son vol pour permettre à la caméra de filmer la scène sous tous les angles.

... à l’hybridation de deux supports.

Si tous ces rapprochements entre le cinéma et l’univers des jeux vidéo laissaient entrevoir une relation plus étroite entre les deux médias, le film Lara Croft : Tomb Raider pousse leur association plus loin. En effet, ce film devrait offrir une véritable continuité entre la pellicule, le jeu vidéo et le DVD. Ainsi, de nombreux décors du tournage ont été digitalisés pour être intégrés aux futures aventures de Lara Croft sur ordinateurs et consoles. Des scènes du long métrage seront également reproduites par les programmateurs pour créer une nouvelle génération de jeux destinés aux PlayStation 2 et aux lecteurs DVD. Parallèlement, le public des salles obscures devra être actif, puisque le film de Simon West se présentera, en quelque sorte, sous la forme d’une aventure interactive. Des codes spéciaux, dissimulés tout au long de l’histoire, devront être récoltés par les spectateurs. Ils leurs permettront ainsi d’accéder à des niveaux secrets dans les jeux à venir, mais aussi à des bonus cachés du futur DVD.

                                                                                                 
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